Vinicius dans l’atelier de gravure laser, juin 2026
Pays : Canada
Date de résidence : 29 mai – 26 juin 2026
Présentation publique : le 26 juin à 13h00 à l'espace 517
Projet de résidence : Anima in Motion : l’estampe élargie et l’image en mouvement
En tant qu’artiste interdisciplinaire et immigrant travaillant à la croisée de l’animation et de l’estampe, sa pratique est ancrée dans la diaspora latino-américaine et nourrie par la recherche interculturelle. Ce projet de résidence s’inscrit dans le prolongement de sa bourse de recherche Fulbright, Expanding the Animation Film – Cross-Cultural Exchange in Montréal and Canada, en poursuivant cette réflexion à travers une pratique d’estampe en atelier axée sur le processus.
Anima in Motion envisage l’estampe non pas comme un simple support secondaire de l’animation, mais comme un médium contemporain élargi, historiquement lié à l’émergence de l’image en mouvement. S’appuyant sur la culture imprimée du XIXe siècle et sur les premières expérimentations cinématographiques, notamment les lithographies et impressions optiques produites par Ackermann & Co. (Londres) et Mathias Trentsensky, le projet examine comment le mouvement, la séquence et l’illusion visuelle circulaient à travers les multiples imprimés, les feuilles d’animation, les jouets optiques domestiques et divers imprimés éphémères. Ces objets traduisaient le mouvement en formes reproductibles et tactiles, mettant en évidence l’estampe comme médium expérientiel et fondé sur la temporalité.
Le projet mobilise les principes propres à l’estampe — superposition, repérage, sérialité et variation — comme équivalents structurels de la logique temporelle de l’animation. À travers une approche ludique teintée de réalisme magique, Anima in Motion explore comment les œuvres imprimées peuvent activer la durée, la répétition et les glissements perceptifs, créant ainsi un pont entre l’enquête historique et les pratiques contemporaines de l’estampe élargie.
Durant la résidence, il réalisera une série d’estampes inspirées, tant sur le plan formel que conceptuel, des feuilles d’animation et dispositifs optiques des débuts du cinéma, réinterprétées à travers des stratégies contemporaines d’impression. Les œuvres exploreront les espaces liminaires entre le physique et le virtuel, ainsi qu’entre l’auteur individuel et la circulation collective permise par les multiples et les petites éditions. Les images superposées, les décalages visibles de repérage, les matrices répétées et les compositions modulaires mettront en évidence le processus, la traduction et l’itération comme éléments constitutifs des œuvres finales.
Le projet fera principalement appel à la sérigraphie, avec des prolongements vers la risographie et les procédés de gravure en relief. Ces techniques offrent à la fois contrôle et variation, permettant au rythme et au mouvement d’émerger à travers les choix matériels. Le repérage et la surimpression seront utilisés de manière intentionnelle comme outils de composition, renforçant l’idée de l’estampe comme pratique en dialogue avec d’autres médiums. Diplômé de la maîtrise en arts imprimés de l’Université Concordia, il aborde cette résidence comme une occasion d’approfondir son engagement envers l’estampe en tant que pratique collaborative, fondée sur la recherche et exigeante sur le plan technique.
Cette résidence d’un mois sera consacrée au développement d’une série d’estampes et d’une édition, à l’élaboration d’un langage visuel cohérent et à la production d’un corpus unifié faisant référence aux feuilles imprimées et aux dispositifs d’animation des débuts du médium. Les ateliers de production, l’expertise technique et l’environnement autogéré de l’Atelier Circulaire sont essentiels à la réalisation de ce projet, en soutenant l’expérimentation, l’échange et l’exploration matérielle dans un cadre clairement défini.
La responsabilité environnementale sera intégrée au projet par la production de tirages en éditions limitées, la réutilisation des épreuves de test, une planification rigoureuse des matériaux et l’utilisation d’encres à base d’eau, en cohérence avec des pratiques d’atelier durables.
La résidence culminera par une présentation publique, offrant un aperçu d’un processus de recherche en atelier où se croisent expérience diasporique, histoire de l’estampe et pratiques de l’estampe élargie. Cette présentation mettra en valeur le faire comme forme de partage des connaissances et contribuera au dialogue continu de l’Atelier Circulaire autour de l’estampe, de l’expérimentation et de la communauté.
Biographie et démarche artistique
Vinicius de Aguiar Sanchez (né en 1987 à Rio de Janeiro, Brésil), également connu sous le nom de Vico, est un artiste et chercheur interdisciplinaire dont la pratique englobe l’animation, l’estampe, la sculpture et le son. Son travail explore les imaginaires façonnés par la diaspora, en puisant dans le folklore latino-américain, la fiction spéculative et les technologies contemporaines. Par une approche fondée sur le jeu, Sanchez réinterprète les récits hérités et interroge ce que signifie être humain dans un monde de plus en plus interconnecté et médiatisé par la technologie.
Sanchez a présenté et diffusé son travail à l’international, notamment au Museum London (London, Ontario), à la Galerie Leonard & Bina Ellen (Montréal, Québec), au Robert C. Williams Paper Animation Film Festival (Atlanta, Géorgie, États-Unis), au Center for Book Arts (New York, États-Unis), au Musée de l’image et du son (São Paulo, Brésil) ainsi qu’au Norton Museum of Art (West Palm Beach, Floride, États-Unis). Ses projets établissent fréquemment des ponts entre les procédés analogiques et numériques, explorant des formes hybrides de narration et d’expérimentation matérielle.
Sanchez est titulaire d’une maîtrise en arts visuels (M.F.A., 2024), avec une spécialisation en arts imprimés, de l’Université Concordia à Montréal. Il détient également un baccalauréat en beaux-arts de Tufts University / School of the Museum of Fine Arts, Boston (2011) et a complété un programme postbaccalauréat au Studio Arts Center International à Florence, en Italie (2012). Plus récemment, il a obtenu une bourse de recherche du programme Fulbright Canada–États-Unis. Dans le cadre de recherches indépendantes menées dans des archives cinématographiques canadiennes, il a étudié le rôle des échanges interculturels et de l’immigration dans l’élargissement du champ de l’animation et des pédagogies qui lui sont associées.
Comment les imaginaires diasporiques peuvent-ils proposer des alternatives régénératrices?
Sa pratique en atelier explore comment les médias imprimés contemporains, l’animation et l’installation peuvent fonctionner comme des langages régénérateurs du récit, faisant le pont entre le physique et le numérique, le local et le diasporique. Ancré dans une perspective diasporique latino-américaine, son travail examine les intersections entre mémoire, migration, écologie et construction spéculative de mondes à travers l’estampe, le dessin, l’animation, le son et les environnements visuels immersifs.
À une époque marquée par la crise environnementale et les déplacements culturels, il utilise la narration pour imaginer des alternatives régénératrices fondées sur l’interconnexion, la transformation et le renouvellement. S’inspirant de récits latino-américains et panaméricains, de la science-fiction, du folklore et de la culture médiatique contemporaine, il crée des univers stratifiés habités par des esprits, des êtres hybrides et des systèmes écologiques qui traversent les frontières culturelles et temporelles.
Il aborde l’estampe non seulement comme un procédé de reproduction, mais aussi comme un espace de transformation où convergent matérialité, temporalité et mouvement. Par la superposition, l’effacement, la surimpression et l’animation, son travail explore les cycles de fragilité et de résilience tout en élargissant les possibilités de l’estampe vers des formes immersives et multisensorielles.
Ses installations, projections et publications invitent les publics à pénétrer dans des environnements spéculatifs où l’image, le son, la surface et l’espace deviennent des lieux interconnectés de réflexion et d’imagination collective. À travers sa pratique, il envisage les médias visuels comme des champs adaptatifs et collaboratifs capables de relier les disciplines, de générer des contre-récits et d’imaginer des futurs possibles par la juxtaposition, l’hybridité et la rupture.

The Hunt / La Chasse (Oxóssi)
Sérigraphie sur toile de bâche et tissus recyclés
1,8 × 2,7 m, 2024
Extrait de Game of Animal / Jeux d’Animaux, exposition solo, Slip Space Gallery, Montréal, 2024
Crédit : Eric Tschaeppeler

