Exposition à la Galerie (espace 105)
21 mai  — 4 juillet 2026

Vernissage 
21 mai, de 17h à 19h30

Activité participative avec le public
Date et activité à venir 

Catalogue de l'exposition :
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1- Ce qui fut

Résilience des bois naît d’une réflexion sur l’introduction, au XIXᵉ siècle, de 200 cerfs de Virginie sur l’île d’Anticosti par Henri Menier, riche industriel français, qui souhaitait y créer un domaine de chasse récréatif.

Aujourd’hui, leur population atteint près de 200 000 individus. Cette surpopulation a profondément bouleversé les forêts boréales et entraîné la disparition de l’ours noir de l’île.
Le privilège et le pouvoir exercés par l’être humain sur le vivant — qu’il s’agisse d’êtres humains, d’animaux ou d’écosystèmes — sont au cœur de notre recherche et de cette exposition.

2- Ce qui est

En août 2025, nous avons effectué un séjour sur l’île d’Anticosti, qui avait été reporté d’un mois en raison de la guerre entre Israël et l’Iran.

Durant cette période, nous avons vécu douze jours d’angoisse, sans nouvelles de nos familles ni de nos proches.

Par la suite, lors de la création du projet, notre pays natal s’est à nouveau trouvé exposé aux violences continues des États-Unis et d’Israël. Le mois précédant cette nouvelle escalade était déjà marqué par la tristesse et la souffrance en Iran.

Cette expérience a profondément marqué notre état d’esprit et a donné à notre voyage, ainsi qu’à la création de ce projet, une résonance intime et bouleversante, reliant notre démarche artistique à l’actualité, aux tensions entre pouvoir et vulnérabilité, ainsi qu’à nos trajectoires personnelles.

3- Ce qui sera

Sur l’île, nous avons été profondément marquées par l’état fragile de la forêt boréale et par les effets visibles de la surpopulation du cerf de Virginie.

Ossements de chevreuils et végétation coexistaient ; la vie et la mort semblaient s’y transformer l’une en l’autre.

À chaque pas, cette superposition du vivant et des vestiges nous saisissait. Face à ces traces du temps, nous nous sommes senties minuscules devant la puissance du territoire.

Cette expérience nous a poussées à réfléchir au rôle des humains dans l’univers : guerres,
divisions, génocides, violences et souffrances infligées aux êtres vivants par les autorités à travers l’histoire... à quoi tout cela sert-il ?

Hélas, les effets néfastes de cette soif de pouvoir humain sans limites ne se limitent pas au passé ; ils continuent de marquer la nature aujourd’hui et façonneront le futur.

– Shabnam Zeraati, avril 2026

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Présentation du collectif :

Le collectif, fondé en 2023 par Shabnam Zeraati, réunit Zahra Nabavi et Gilnaz Arzpeyma autour d’une collaboration dédiée à une installation immersive et interactive. Toutes trois sont des artistes immigrantes iraniennes, un point commun qui a profondément marqué leurs parcours. Chacune a dû s’adapter à un nouvel environnement, tout en apprenant à se laisser habiter et transformer graduellement par celui-ci.

Cette expérience partagée nourrit leur démarche artistique, centrée sur l’analyse de l’impact des héritages historiques et des relations de pouvoir sur le vivant dans toutes ses dimensions, ainsi que sur les écosystèmes qui y sont liés, quelle qu’en soit l’échelle ou l’importance.

Un autre aspect fondamental qui traverse leurs réflexions est leur conception du colonialisme. Pour elles, il ne s’agit pas simplement d’une question de couleur de peau, mais d’un système de rapports de pouvoir et de domination. Le terme « colonialiste » désigne, selon elles, une attitude ou une action plutôt qu’une appartenance ethnique ou raciale.

Biographie des artistes du collectif : 

Gilnaz Arzpeyma est une cinéaste et artiste en animation irano-canadienne basée à Montréal. Elle détient un baccalauréat en animation cinématographique ainsi qu’une maîtrise en génie mécanique de l’Université Concordia. Sa pratique interdisciplinaire combine diverses techniques — du dessin à l’animation image par image sous caméra, en passant par l’encre sur verre, le sable, l’eau et l’estampe — pour créer des films d’animation expérimentaux, des installations et des projections vidéo.
Son travail explore les relations entre les corps vivants et les technologies, en s’intéressant particulièrement aux notions d’adaptation et de transformation. À travers ses œuvres, elle interroge l’influence persistante du colonialisme et des technologies sur la perception du temps, de la mémoire et de l’aura.
Ses films ont été présentés dans de nombreux festivals internationaux, notamment au Festival international du film d’animation d’Annecy, Animafest Zagreb, Glasgow Short Film Festival, Festival du nouveau cinéma, Tricky Women Tricky Realities, ainsi qu’au Hammer Museum. Son court-métrage ژن /Woman a été largement diffusé à l’international et a reçu plusieurs distinctions, dont le Grand Prix du Festival Accès Asie, ainsi que les prix du meilleur film expérimental décernés par Vidéographe et le Festival Filministes.
Parallèlement à sa pratique artistique, elle a collaboré à divers projets cinématographiques en tant qu’actrice, monteuse et artiste en animation.

Zahra Nabavi est une artiste visuelle iranienne basée au Canada. Elle est titulaire d’une licence en sculpture (2005) et d’une maîtrise en illustration (2008) de l’Université de Téhéran, ainsi que d’un diplôme de l’ENSAD à Strasbourg (2012). Sa pratique est façonnée par des expériences entre différents contextes culturels et linguistiques, notamment en Iran, en France et en Amérique du Nord.
Elle travaille à travers l’installation, le livre d’artiste et la performance. Elle explore la manière dont le sens se forme, se transforme et parfois se perd à travers la relation entre langage, image et espace. Son travail aborde des questions sociopolitiques tout en s’intéressant à des processus tels que l’érosion, la disparition et le malentendu.
Le langage occupe une place centrale dans sa pratique. Le passage entre le persan et le français l’a rendue attentive à différents modes d’expression — l’un plus implicite et stratifié, l’autre plus direct — et a influencé la manière dont elle construit et articule son travail. Cette tension informe son approche du texte, non seulement comme porteur de sens, mais aussi comme une structure qui peut être transformée, déplacée ou vidée de sa signification.
Après plus d’une décennie passée aux États-Unis à travailler comme graphiste, Nabavi s’est installée au Canada en 2025 et a repris sa pratique en arts visuels.

Originaire d’Iran, Shabnam Zeraati vit et travaille au Québec, à Sainte-Adèle, depuis 2020. Installée au Canada en 2011, elle est diplômée en design graphique de l’Université Azad de Téhéran (2002) et de l’ENSAD de Strasbourg (2008). Son travail est présenté dans de nombreuses expositions internationales en Europe, en Asie, en Iran et au Canada. Depuis 2013, sa pratique explore le dessin et l’estampe à travers la sérigraphie, la gravure, le moulage et l’installation, créant des environnements mêlant dessin, sculpture et installation. Elle présente des expositions personnelles et des projets majeurs soutenus par des institutions culturelles contemporaines reconnues à l’international.

Remerciements des artistes : 

La création de cette exposition a été rendue possible grâce à l’appui financier du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Les artistes remercient le Conseil des arts du Canada pour son soutien à la recherche et à l’exploration.

Elles remrcient également Nick Lavigne pour la conception sonore, Manuel Bolduc et la SAT pour l’accompagnement en vidéomapping, la SEPAQ pour sa générosité et sa compréhension, ainsi que Espaces F, François Wells et Daniel Dion pour leur soutien technique.

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